L'instant se voulait solennel. Son organisation ne l'était pas moins. Une tribune dressée, place du Marché-aux-fleurs, au pied de la préfecture. Un immense écran en guise de toile de fond. Musique introductive (concerto de Bach). Patrick Bloch, maire du XI e arrondissement de Paris, rapporteur du projet de loi sur le Pacs dont on fête les dix ans, avait tenu à être là en personne. Une grande partie du conseil municipal (Verts compris) avait aussi répondu présent, écharpe tricolore autour de la poitrine.
Et Hélène Mandroux n'y est pas allée à l'économie, hier soir. Son appel, qu'elle voulait national, en faveur du mariage des couples homosexuels, était entouré d'une grande solennité, tant dans le propos que dans la mise en scène. Il comportait, aussi, beaucoup d'émotion. Une autre facette de la personnalité de l'édile. Un maire autre. Sans doute comme on l'a rarement vue.
Bref, à Montpellier, ville gay par excellence, au même titre que ville estudiantine, ville tolérante et généreuse, l'appel prenait une autre dimension. Des applaudissements nourris. 500 à 600 personnes. Pas uniquement des homosexuels. Mais aussi, simplement, des Montpelliérains. Et justement, pour ces derniers, Hélène Mandroux s'est voulue claire : « Il ne s'agit pas de faire une fleur à une catégorie de citoyens, mais de rendre une justice sociale... » À ceux qui l'accuseraient de faire également un coup politique, elle a répondu : « Il s'agit de franchir aujourd'hui un palier (dans le droit des homosexuels, ndlr) , en dehors de toutes considérations religieuses, politiciennes ou philosophiques, je me place sur le plan de l'égalité des droits. » Et le maire de Montpellier d'annoncer, comme pour appuyer son plaidoyer, qu'elle vient d'accorder un congé parental à « une employée de la mairie, dont la compagne va être maman » . Et de conclure : « cet appel est un appel au nom de l'amour » .
Karim MAOUDJ